Sortir de l’Euro… Est-ce possible ?

Lorsque Marine Le Pen évoque la sortie de l’Euro comme remède à la crise, l’oligarchie politique s’offusque. L’Euro est devenu un dogme intouchable, inaccessible aux critiques.  En 1997, Jacques ATTALI, bobo de la classe politico-médiatique parisienne, affirmait qu'avec l'Euro comme monnaie unique, les économies européennes allaient automatiquement converger. Or, elles ont massivement divergé, créant une misère générale jusqu'alors inconnue et permettant aux groupes bancaires et financiers de s'enrichir honteusement sur cette misère.

Il est d'ailleurs intéressant de noter que la plupart des économistes qui sévissent dans les médias sont administrateurs de banques, ou liés à des groupes financiers internationaux, ou bien dirigent, eux mêmes, de puissantes sociétés financières qui leur assurent de confortables fortunes liées à la spéculation sur l'euro.

On peut donc très légitimement douter de leur objectivité et on comprend mieux pourquoi ils affolent les braves gens en jouant en permanence le scénario catastrophe de la sortie de l'euro.

 

Pourtant… 8 Prix Nobel d’Economie - Maurice Allais, Milton Friedman, Amartya Sen, Paul Krugman, Joseph Stiglitz, James Mirrlees,  Christopher Pissarides et Thomas Sargent ont récemment démontré qu’il s’agit de la seule solution pour relancer durablement les économies, purger les déficits, résorber massivement le chômage et sauver les systèmes sociaux.

 

Monnaie commune, oui ! Monnaie unique, Non !

Une monnaie commune européenne a bien existé pendant 20 ans, de 1979 à 1999, il s’agissait de l’ECU utilisé pour les transactions internationales et intracommunautaires.

Chaque pays gérait sa propre monnaie, le Franc pour la France, la Lire pour l’Italie, etc… sous le contrôle de sa banque centrale, la Banque de France pour la France.

La valeur de l’ECU, monnaie commune européenne, était fixée en fonction de la moyenne des monnaies des pays européens Tout fonctionnait pour le mieux.

Le basculement vers l’Euro comme monnaie unique marquait la fin de l’ECU et des monnaies nationales et donc la fin du rôle essentiel des banques centrales qui régulaient le cours de l’ECU grâce à la maîtrise de leurs monnaies nationales.

Un monstre tyrannique prenait vie : la BCE – Banque Centrale Européenne.

Loin de converger comme le croyaient les fanatiques de l’Euro, les économies ont massivement divergé, les prix ont explosé, la croissance a chuté, le chômage a galopé.

Les systèmes économiques de certains pays du sud se sont effondrés entraînant le désespoir, l’amertume et la colère légitime des peuples trompés et méprisés.

Fort de cet échec, il est vital aujourd’hui de réintroduire progressivement les monnaies nationales et de rendre toutes leurs prérogatives aux banques centrales des pays membres.  Comme elles l’ont fait pendant 20 ans, de 1979 à 1999, les banques centrales  ajusteront sagement  la valeur internationale de l’ECU qui redeviendra la monnaie commune des échanges intracommunautaires et internationaux.

Pour terminer, il est tout de même intéressant de noter que le seul pays européen, la Grande Bretagne,  à avoir refusé l'Euro comme monnaie unique, est devenu la première place financière mondiale devant New York, Hong Kong et Singapour. La France étant, elle, péniblement en ... 31ème position loin derrière l’Allemagne.

Francis Nadizi